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L'exquise Nouvelle

Pays

mercredi 17 décembre 2014

Joyeux Noël Félix !

Bon, si tu suis un peu ce que je raconte ici, tu sais qu'en février 2015 sortira le prochain San-Antonio : A découper selon les pointillés.


Juste pour te faire chier, j’aimerai te dire que je l’ai déjà lu, que je l’ai trouvé fabuleux. Comme ça par vice, histoire de rendre jaloux. Je suis vil, je sais…
Mais non, tout comme toi, je n’ai pas encore eu l’insigne honneur de lire le dernier tome en date des aventures du fabuleux commissaire San-Antonio. Mais vu que dans quelques jours c’est Noël, que j’ai bon fond, j’ai décidé de t’offrir un cadeau. Ne rêve pas non plus, je ne vais pas dépenser du blé pour ta soie. Non on va juste causer un peu avec Patrice, avoue que c’est déjà pas mal….

Sébastien MOUSSE: Bonjour Patrice, en février 2015 sortira la nouvelle aventure du commissaire. 26ème épisode des nouvelles aventures, 201ème opus… Quel est le sujet de A découper selon les pointillés ?

Patrice DARD: Un jeune infirmier d'origine japonaise est retrouvé éventré dans son ascenseur. Le procureur conclut à un suicide par hara-kiri. Pas San-Antonio...

Séb: On peut avoir l’exclusivité du quatrième de couverture?

Patrice:  La voilà : Il n'est jamais bon, pour une fille, d'avoir la tête ailleurs. Surtout quand ses membres sont éparpillés aux quatre coins de Paris. Pas fameux non plus, pour un garçon, d'avoir l'estomac dans les talons. Surtout suite à un coup de couteau façon hara-kiri. C'est à la traque d'un assassin sauvage et imprévisible que San-Antonio, au sommet de sa verve, Bérurier, plus truculent que jamais, et toute la joyeuse équipe vont devoir s'atteler.
"À découper suivant les pointillés": un suspens diaboliquement ciselé et des personnages hauts en couleur... avec une dominante sanguine.

Séb : Toujours la même recette Humour, Action, et un peu de Cul ?(c’est bien la première fois que je cause du HAC moi…)

Patrice : Il n'y a pas de recette pour un San-Antonio ! C'est de la littérature du marché qu'on improvise et mitonne avec les ingrédients de saison.

Séb: San-Antonio est né 1949 sous la plume de Frédéric, bon je n’ai pas vérifié, mais il doit faire partie des plus vieux héros littéraires encore en activité. San-Antonio est-il intemporel ?

Patrice: San-Antonio reste intemporel parce qu'il s'adapte à l'air du temps.

Séb: Tu gardes le rythme d’un épisode par an ? On peut donc attendre ensuite sereinement 2016 ?

Patrice: Il y en aura peut-être 2 à partir de 2016, car en 2015 les rééditions en poches seront terminées.

Séb: Bon, on se faire une petite minute autopromotion… Tu nous as fait l’honneur de nous faire confiance, à Maxime Gillio et moi-même. En effet, en 2015, pour Noël très certainement, on pourra retrouver Alix Karol dans l’Atelier Mosésu. Sous forme d’anthologie, plusieurs épisodes dans un beau livre, suivis d’entretiens entre Max et toi. Tu as hésité avant de donner ton accord à une toute petite maison d’édition ?

Patrice: Je n'hésite jamais à faire confiance à ceux qui me font confiance, et vous en faites partie.

Séb: La réédition des 21 tomes appellera-t-elle à naissance de nouveaux épisodes ? On ne va pas cacher la merde au chat, mais vu la conjoncture actuelle, il aurait du taff Alix, non ?

Patrice: Je ne ferme pas la porte à une éventuelle suite des Alix Karol... quarante ans plus tard : c'est deux fois plus qu'Alexandre Dumas.

Séb: Patrice, je te remercie de m’avoir accordé un peu de ton temps, longue vie à San-Antonio et Alix, et d’excellentes fête de fin d’année à toi, la bise mon ami.

Patrice: Bises à vous tous et que 2015 ne soit pas plus merdique que 2014 !

mardi 2 décembre 2014

Quoi d'neuf docteur Jeannerod ?

San-Antonio à Belfast
Une aventure du célèbre commissaire sous la houlette de Dominique JEANNEROD

San-Antonio International : Représentations, circulation, traductions, échanges



Colloque de Belfast



Queen’s University Belfast, 15 et 16 Mai 2015

L’ampleur et la pérennité du succès de San-Antonio en France restent peu comprises à l’étranger. Malgré un demi-siècle de carrière, plus de 250 livres publiés et des dizaines de millions d’exemplaires vendus, cet auteur, sous ce pseudonyme ou sous le nom de Frédéric Dard demeure très mal connu hors de France, et il est rare de trouver ses livres en librairie hors des pays francophones. Ses romans, tant sous pseudonyme que sous patronyme ont pourtant été largement traduits dans une trentaine de pays. Son œuvre a aussi circulé sous d’autres formes médiatiques, inspirant en particulier de nombreux films distribués internationalement.

Cette œuvre est du reste beaucoup plus internationale, et moins franco-centrée, dans son inspiration, ses thèmes et ses problématiques que l'idiome et les personnages de la série San–Antonio ne pourraient le faire croire. Non seulement ces romans, tributaires des genres du policier et de l’espionnage, relèvent-ils d’un vaste réseau intertextuel et architextuel qui s’étend au-delà des frontières nationales et linguistiques ; ils déroulent en outre leurs intrigues aux quatre coins du monde, mettant en scène leur propre mondialisation. Autre indication d’une capacité à circuler et à se transformer sans cesse, la série San-Antonio ne s’est d’ailleurs pas arrêtée à la mort de son auteur en 2000. 25 nouveaux titres, écrits par Patrice Dard et constituant « les nouvelles aventures de San-Antonio », se sont à ce jour ajoutés au 175 romans (sans compter les hors-série) qui composent la série originale.

Une série de rencontres internationales et de journées d’études ont depuis le colloque en Sorbonne (San-Antonio et la Culture Française, 2010) manifesté le souci de renouveler la compréhension de San-Antonio et de remettre en cause les préjugés les plus tenaces qui lui restent encore attachés. Elles ont entrepris de donner des orientations dans la masse des textes, articulé des problématiques et montré la fécondité des recherches dans ce corpus encore largement sous-exploité. L’œuvre a ainsi été récemment abordée du point de vue du contenu transgressif (Chambéry, 2012) ; de sa langue (Chambéry, 2013) ; des lecteurs et de leurs (re) lectures (Dijon, 2014).

C’est dans cette logique que le colloque de Belfast se propose à présent d’aborder l’étude de San-Antonio et de Frédéric Dard dans une perspective globale.


Quatre axes pourraient, en particulier, être envisagés :
  
1/ L’international intertexte ; quels sont les rapports de l’œuvre de F. Dard avec celle d’écrivains, de réalisateurs et d’artistes d’autres pays, et quelles en sont les implications ?

2/ Visions et représentations de l’international dans l’œuvre de Frédéric Dard ; voyages, contacts, échanges, langues, portraits. On pourrait dans cette rubrique envisager d’une part les résistances à l’international, l’internationalisation et les internationalismes qui s’y rencontrent indéniablement. Puis, d’autre part, comment une série policière française s’ouvre sur le monde, en décentrant progressivement la narration hors de ses espaces diégétiques traditionnels (Paris, la banlieue, la province) puis au-delà des horizons classiques du genre, nourris par le cinéma (intrigues situées en Angleterre, aux Etats-Unis).

3/ L’œuvre de Frédéric Dard à l’épreuve de son internationalisation. Il conviendrait de réfléchir sur les différentes traductions et adaptations, notamment au cinéma, ainsi que sur les particularités des phénomènes de réception de San-Antonio à l’étranger. Cela pourrait se faire soit par l’étude d’œuvres en particulier, soit par des études de cas de divers pays, soit par des études synthétiques d’aires géographiques et culturelles, ou des périodes dans lesquelles son œuvre s’exporte. Le croisement des perspectives diachroniques et synchroniques semble prometteur, ainsi que l’utilité d’une approche quantitative et l’apport méthodologique des humanités numériques, du Big Data et des techniques d’infographie.

4/ Les conditions de la circulation ; on pourrait s’interroger par exemple sur le rôle des éléments structurants de cette internationalisation : internationalisme du genre policier, internationalisation des modèles et des structures éditoriales, capitalisme d’édition, influence des circonstances historiques et du contexte diplomatique… Il faudrait également envisager le rôle des passeurs et intermédiaires culturels (traducteurs, critiques, écrivains étrangers, personnalités médiatiques, chercheurs…)


Ces thèmes sont seulement indicatifs. Toutes approches liant l’œuvre de F. Dard à des questions relevant de l’international sont les bienvenues. Les contributions (30 minutes) peuvent être en français ou en anglais.
Veuillez adresser les propositions de communication (400-500 mots) avant le 30 janvier 2015 à Dominique Jeannerod ou à FedericoPagello

Pour tout renseignement supplémentaire, veuillez nous contacter aux adresses indiquées ci-dessus.

LE SITE
Pour suivre l'actu : la page de Dominique et aussi la page du groupe, où beaucoup de choses vont se passer en attendant ce joli mois de mai !

samedi 22 novembre 2014

Ben faut voir...hein ? Un faux San-Antonio signé Daniel Durand

Mesdames, messieurs les jurés,



Je viens plaider ce jour dans la cour du tribunal international de l'Oeuvre Dard pour vous présenter un malfaisant, un plagiaire, un usurpateur : Daniel DURAND

Ce sacripant a osé commettre un crime de lèche-majesté...
Écrire un faux SAN-ANTONIO !!!
Ah ! le vil, l'ignoble que voilà ! Blasphémer la sainte oraison de Bérurier...
Ben faut voir, hein ? Tel est le titre du brûlot...
Quand même, messieurs les jurés, vous rendez-vous compte ?
Écrire un FAUX  San-Antonio ?
Est-ce que moi j'écris une fausse évangile selon sainte Clara ?
Ha cré nom dé Diou, un faux San-Antonio...
Mon cœur va lâcher.
La douane, oui, la douane et la DGCCRF que j'vais appeler !





résumé suce-seins du bouquetin :



Un liquide rendant invisible ce dont il est enduit est dérobé au chimiste qui l'a mis au point par deux petits malfrats. Ceux-ci veulent l'utiliser pour commettre des braquages en toute impunité, mais le produit est également convoité par une bande de terroristes qui, eux, y voient le moyen de commettre tout aussi impunément des attentats suicides.
San-Antonio, aidé de Béru, Pinaud et Blanc, va bien sûr mettre de l'ordre dans tout ça. 

Le prix, c'est 12 € (dont 1 € pour l'Assoce) et les frais d'envoi sous enveloppe bulle s'élèvent à 3.50 € (6.40 € pour la Suisse et la Belgique). Donc total 15.50 € (18.40 € pour les Helvètes et les Wallons)

Et son adresse :
 Daniel DURAND
4 rue Jean-Baptiste Clément
70400 HERICOURT


mercredi 10 septembre 2014

Scoop Toujours !

Bon, ok, assez court, je concède..
Mais dis moi pas qu'ça pas d'la gueule ?
Ben maintenant tu vas poireauter jusqu'au début février 2015 pour te délecter de cette douce lecture !

Allez, comme tu as une trogne sympathique malgré ton œil poché, tes cheveux graissés au saindoux  et ta lippe adipeuse, je peux te dire qu'un autre scoop, et non des moindres t'attend dans l'agenda du prochain MSA.


Pis promis, si t'es sage et que tu retires la main d'ma sœur d'dans ton kalbar de zouave, j't'en cause dans pas longtemps avec moult détails.

samedi 2 août 2014

Philippe BOUVARD, Frédéric DARD, Albert DUBOUT, et aussi un François VANDENBERGHE un peu...

Un beau matin de juillet, le réveil
A sonné dès le lever du soleil
Et j´ai dit à ma poupée "Faut te s´couer
C´est aujourd´hui qu´ça s'passe"
On arrive sur le boulevard sans retard
Pour voir l'expo Dubout/Bouvard/Dard...

Ne cherchez pas, je n'ai aucune honte de cette entrée en matière, d'ailleurs je ne connais pas ce sentiment de honte, sinon comment toi, qui me lis un œil mis clos, la bave aux lèvres et ta main gauche sur le bout de tissus douteux qui te sert de slip tu pourrais être mon ami ?

Bref, je disais que le samedi 26 juillet de l'an de grasse(1) 2014, par une chouette journée ensoleillée, je répondais à l'invitation de François VENDÉVERGES, amis de San-Antonio, des trains et des motards vêtus de de cuir pour le vernissage d'une exposition de 140 dessins (mais pas que) d'Albert Dubout. Sujet de l'expo : Philippe BOUVARD, Frédéric DARD, et Albert DUBOUT, créchant à même pas une heure, je me devais d'être là !

Puis surtout cela me donnait sujet à un article et à faire les poussières ici.

Touques c'est un chouette village normand situé dans les hauteurs de Deauville, juste au-dessus de l'hippodrome du même blase, la Touques étant une rivière. Et surtout chose bizarre et sympathique, la salle d'exposition est une église, bon ok, on sert plus la messe là-bas, mais j'peux te dire que si M'sieur le curé avait oublié son étole dans la sacristie avant de déménager et que c'est samedi dernier qu'il est revenu la chercher...

Si toi qui me lis tu es enfant de chœur dans l'coin, cours, j'ai vu un mec en robe noir et col blanc feuilleter l'oeuvre secrète s'activant la pogne sous la soutane, à moins que ce ne soit François VENDÉSERGES...

Donc un lieu qui prête fort bien à une exposition de dessins, simplement parce que la lumière qui  filtre à travers les  vitraux vient illuminer les œuvres d'Albert Dubout, c'est magnifique, j'ai bien aimé.

En plus des illustrations, il y avait aussi quelques livres, affiches et produits dérivés à la vente.
Un écran aussi, afin de faire diffuser des témoignages.

C'est la troisième fois que je vais voir Dubout exposé, la première ce fut à l'AG de la Grande Motte, la seconde l'an dernier à Montpellier. Ce qu'il y a de bien c'est que les œuvres tournent, cela permet d'en découvrir d'autres, mais aussi, d’approfondir sa connaissance sur celle que l'on a déjà admiré.
Car Dubout m'sieurs, Dames, c'était pas un artiste bidon...

Moi qui m'tripote le pinceau de temps à autres, m’affûte la mine de plomb, je peux vous dire qu'un type qui fait le dessin comme la photo ci-dessous, sans crayonné de départ, directement à la plume, oui, la plume et non pas au pigment liner comme nous disposons maintenant, avec moult détails, et sans droit à l'erreur, il en reste pas des masses.
Peut être Cabu que j'ai croisé il y a peu, et qui travaille directement au marqueur, sans crobart de départ.

Tout absorbé à ma contemplation, je n'avais pas entendu s'approcher François VANDELHERBE accompagné de Didier DUBOUT, petit-fils de l'artiste.
Nous nous étions déjà croisé lors de l'AG, mais nous n'avions pas pris le temps de vraiment causer.
Sortant ma carte de presse, imprimée papier triple épaisseur et gracieusement offerte par notre vénérien(2) Président Daniel, je me pressait de sortir le stylo et le bloc dont je vais essayer de relire mes notes...
Je vous passe l'entrée en matière où l'on a dit des saloperies sur pas mal d'entre-vous. Mais bon, y en a qui méritent!

Sébastien MOUSSE : Une grande partie de l'exposition se sont des illustrations pour des San-Antonio, ton grand-père et Frédéric étaient très liés. Toi tu as eu la chance de croiser Frédéric Dard ?

Didier DUBOUT : Je n'ai jamais rencontré Frédéric Dard,  si mes souvenirs sont bons, il est parti en Suisse en 1968, j'avais à l'époque 14 ans. Des gens comme Frédéric Dard, Francis Blanche, Pierre Dac, Marcel Pagnol, Joséphine Baker et bien d'autres, je ne l'ai jamais malheureusement rencontrés.

SM : Frédéric Dard et ton grand-père, ils étaient proche l'un de l'autre ?

DD : Il y avait une véritable connivence entre eux, une amitié sincère, mais aussi deux artiste qui s'admiraient mutuellement. Frédéric Dard doit être le seul à être rentré dans la salle des coffres, je t'explique, à l'époque mon  grand-père était ami avec le directeur de la BNP place Vendôme, c'était la seule banque qui possédait des coffres pouvant contenir des toiles de grandes tailles. Frédéric voulait acheter un tableau, mais mon grand-père ne voulait pas vendre aux copains, il trouvait toujours une excuse, et pas toujours des meilleures, du genre "Non, celui-là, je ne peux pas te le vendre, il n'est pas signé". Un jour Frédéric Dard s'est offert une tableau de Marie Laurencin, il est allé voir mon grand-père et lui a déclaré : "Je ne t'achète plus ton tableau Albert, j'en ai acheté  un autre". Même si c'était dit sur le ton de la plaisanterie, mon grand-père fut quand même très vexé. Mais tu sais, pour que mon grand-père déménage afin de demeurer près de Frédéric Dard, c'est vraiment qu'il y avait une grande complicité entre eux.

SM : Albert Dubout a travaillé pour les plus grands, as-tu connaissance d'anecdotes, de prises de bec. Je sais que parfois l'illustrateur, l'auteur et l'éditeur ne sont pas sur la même longueur d'ondes pour l'image de couverture par exemple.

DD : Je me souviens que lorsqu'il a fait l'affiche du Château de ma mère, mon grand-père à coloré en rose la robe de la mère de Marcel Pagnol. Pagnol vient le voir, et lui dire qu'il n'aime pas, que sa mère n'a jamais porté de robe rose, mon grand-père, lui, reste sur cette couleur, et au bout d'un moment le ton monte entre les deux, et là mon grand-père lui lâche :"Si tu veux je la fous à poils..."
Et bien la robe est restée rose, Pagnol a cédé.

SM : On connaît Dubout surtout par son oeuvre, on connaît peu le personnage, l'artiste, l'homme...

DD : Oui, c'est normal, mon grand-père était tout en contraste, il refusait tous les honneurs, il travaillait pour la postérité. Tiens par exemple, Bernard Pivot voulait lui faire faire Apostrophe, comme il le connaissait, savait qu'il n'aimait pas du tout ce genre d’exercice, il lui a même  proposé qu'il soit seul en plateau, il a toujours refusé, tout comme pour Radioscopie de Jacques Chancel, alors que tout le monde se pressait pour être invité dans ces émissions. Le président Auriol voulait lui remettre la légion d'honneur, il a refusé, mais là, il a finit par y aller parce que c'était le président de la république qui lui remettait en personne et que l'on ne peu pas refuser.
Il adorait son travail d'artiste, que ces dessins soit présentés, mais pas lui, lui restait en retrait. Il avait déclaré un jour : " On m'a classé dans les rigolos mais, après ma mort, on verra que je faisais du sérieux. Je suis destiné à être posthume".

SM : Pourtant il était déjà un artiste reconnu de son vivant, il avait les honneurs du cinéma et de la littérature, un des illustrateurs les plus demandés de son temps.

DD : Oui, et même pour te dire, il fut avec Pablo Picasso, le seul peintre à entrer de son vivant dans le Larousse en 1951, sa seule réflexion quand il l'a su fut : "Quand tu penses que je suis plus jeune que lui..."

SM : Dubout et Dard ok, je sais pourquoi, mais moi qui suis anal pas bête(3), tu peux m'expliquer ce que vient faire Bouvard ici ?

DD : En 1965, alors que Philippe Bouvard débutait, qu'il n'avait l'aura médiatique qu'il a acquis ensuite, il parodie la grande bourgeoisie dans un livre, Madame n'est pas servie, et il a demandé à mon grand-père s'il acceptait de l'illustrer, ce qu'il fit avec plaisir. Philippe Bouvard lui en a toujours été reconnaissant.

SM : En feuilletant certaines pièces ici, je me suis en un rendu compte que Dubout avait inventé avant l'heure le glory Hole(4), mais surtout on peut remarquer très souvent, des objet, pipes, panneaux, outils, armes cassés et maintenus par du fils, une corde, pourquoi ce détail si souvent répété ?

DD : Mon grand -père avait une véritable passion pour le bricolage, tous les matins il bricolait, c'était une partie de sa vie, et tout ces trucs cassés dans ses dessins, c'est un clin d’œil à sa grande passion.

SM : Je ne sais pas le nombre exact de dessins, toiles, ouvre réalisé par ton grand-père, mais vu le succès encore présent aujourd'hui, il aurait sûrement pu monnayer beaucoup plus et être riche, non ?

DD : 8170 de répertoriées Séb...Et oui, il aurait certainement pu faire fortune, mais il n'était pas du tout vénal, tant qu'il avait de quoi vivre correctement, il était heureux.

SM : Didier merci de ta gentillesse.

DD : De rien, tu restes pour les discours d'inaugurations et boire un verre ?

SM : Ah ben si y a à boire...


J'ai donc attendu, mais bon, même si il n'y avait pas eu de coup à boire, je serait resté, juste pour entendre la voix mélodieuse de François VENDÉBERGES. Mais ce n'est pas lui qui a causé en premier, c'est Madame Colette NOUVEL-ROUSSELOT, maire de Touques, qui a dit comme elle était heureuse d'accueillir une fois de plus une exposition de Dubout.
Parfois t'as des politiques qui viennent inaugurer, parce que faut bien, mais là, tu sens que l’édile aime l'oeuvre et le personnage, qu'il y a un attachement à la famille DUBOUT, que c'est une fierté pour la ville de Touques.

Puis Didier a parlé de son grand-père, y a pas à dire, il l'aime son aïeul,  il est fan, je vais pas répéter ici tout ce qu'il nous a dit de formidable que tu ne sait pas, t'avais qu'à bouger ton cul et venir, puis tu as eu les questions posées par ton serviteur, c'est encore mieux!

Puis vint le temps (suspends ton viol je te cause), du discours de notre ami François VENDURAIDE, et là le gars il a préparé le terrain, vingt Diou le v'là qui sort les feuilles de notes comme si il était introduit à l'académie française, on est pas près de prendre l'apéro moi j'vous l'dis.

Puis non ça glisse tout seul, je parle du discours, vicelard, et sérieusement, on sent que le mec est passionné, qu'il a en lui l'amour de San Antonio, de Dard et aussi de Dubout, il en a fait des recherches, des citations, des anecdotes.
Tiens renifles c'est d'la vraie, voilà l'intro de son discours :
Je déclare ici, la main sur le coeur, que je dois ma carrière aux Pieds Nickelés et à Dubout, ils m'ont tout appris de mon métier. Ainsi s'exprimait  Frédéric Dard en novembre 1977 dans le catalogue de l'exposition " Dubout : dessins des années 30-Peintures inconnues"

L'ami François VENDÉVIERGES va nous parler des début, leur collaboration artistique débutant en 1964. Il faut savoir que plus le temps passait, plus le nombre de dessins de Dubout dans hors séries augmentait, de 8 pour le premier pour finir à 33, mais avec 3 doubles pages. Les points communes entre les deux hommes autre que l'amitié, mais par exemples les thèmes récurrents de leurs œuvres respectives : le sexe, la nourriture, la mort et la culture.
Là, le gars va se lancer dans  des parallèles, pas des bars situés l'un en face de l'autre, non, des parallèles dans les créations, du genre que la nourriture représente une analyse de la condition humaine, dans Dîners chez la comtesse en temps de crise, Dubout représente une nourriture abondante, dans la Saisie, les pauvres ont une nourriture imaginaire, et chez Dard, Béru s'empiffre comme un goret, alors que notre San-A, lui est fin gourmet...
Bref, ce ne fut pas un discours inaugural que nous a fait François VANDÉCIERGES(5), mais un véritable hommage venant du cœur à ces deux illustres artistes, merci l'ami.

Dernière minute, et crédit photo de François VANDASPERGE(ben ouais, c'est flou...) avec notre bon Patrice(6) en visiteur de l'exposition samedi 2 août


(1) Hommage aux rombières dessiné par le grand Dubout
(2) Ou peut être vénérable, va savoir...
(3) Correcteur mon ami, même si il est aussi foireux qu'un pet d'Béru, c'est un calembour et non une faute, merci.
(4) pour Dubout c'est ça :

, si tu veux savoir ce que c'est à l'heure actuelle, connecte-toi à ton site favori, tu sais celui que tu vires de ton historique avant de refiler l'ordi à ta dulcinée...
(5) François VANDENBERGHE, membre illustre de l'association des Amis de San-Antonio, et célébré inventeur du slogan de la SNCF (où qui bosse, si si, y en a) Faites vous prendre par l'arrière-train ! Merci à lui pour sa gentillesse et la bière, ce fut un plaisir de passer ses quelques heures ensemble.
(6) Mon petit doigt, celui que tu aimes tant coquine, me dit que bientôt, il y aura un scoop autour de Patrice...


dimanche 23 février 2014

Romans de la nuit, ou l'ABC du roman noir.


Je lis beaucoup, par passion, et aussi par obligation, que cela soit pour des chroniques ou pour des manuscrits à évaluer.
Mais je ne me plains pas, j'aime cela.
Depuis quelques temps, les auteurs de thriller, romans noirs et autres polar ont pris pour habitude de torturer, dépecer, faire souffrir physiquement les victimes, ils nous font intervenir des tueurs en séries plus sadiques et vicelards les uns des autres, du psychopathe de haut niveau, que même Hannibal Lecteur, tu as presque envie de lui faire un câlin.
Faut que ça hurle, que ça brûle, que ça arrache, que ça saigne, que la tripes soit ouvertes et fumantes, pas question de claquer sans la moindre douleur, sans être passés par les pires actes de barbarie...
Soit, puisqu'il le faut,
Quoi que le faut-il vraiment ?
Est-ce que la pire des tortures qu'un homme, ou une femme peut endurer, est-ce vraiment la torture physique ?
Et si le pire du pire ce n'était de se faire arracher les ongles, électrifier les testicules, découper l'utérus au couteau suisse ?
Et si le pire, c'était la torture mentale ?
Après tout, ne serait-on pas plus torturé à l'idée de savoir que l'amour absolu, le vrai, le pur n'existe, ne serait-on pas encore plus au fond du gouffre en se rendant compte que cette femme que l'on a idéalisé vous a manipulé, est une pute immonde ? Ou bien encore que sa pureté est mise à néant, saccagé par un tiers ?
Bref que la trahison des sentiments est la pire des tortures qui soit ?
Et qu'avec ce simple sujet, vieux comme le monde, on peut faire des romans magnifiques, des romans à vous retourner les tripes, et surtout le cœur ?
On, je ne sais pas, mais Frédéric DARD, oui, et le magnifique livre : Romans de la nuit, qui vient de sortir chez Omnibus nous le prouve, dans cet ouvrage on retrouve :
- Cette mort dont tu parlais
- C'est toi le venin
- Des yeux pour pleurer
- Le monte-charge
- L'homme de l'avenue
- la pelouse
- Une seconde de toute beauté

Sept magnifique roman, dont un de mes préférés, Une seconde toute beauté, Frédéric Dard fait preuve d'une immense maîtrise de l'atmosphère sombre, de l'angoisse psychologique.
Un homme, souvent par amour, va tomber dans une spirale infernale, ne plus rien contrôler, il a croisé celle qui ne fallait pas, celle qui va le manipuler, le faire manipuler, le broyer, l'anéantir...

Frédéric Dard ne dépeçait pas ses victimes, juste leurs cœurs et leurs âmes, c'est juste ça qu'il « travaillait », et franchement, c'est beaucoup plus fort, et tellement plus réaliste.

Je ne peux pas faire une chronique sans faire un résumé du livre, mais je ne vais pas résumer sept romans, alors je dois faire un choix, aller tiens, au pif : Une seconde de toute beauté :

Comme je le disait ce livre est certainement mon préféré de Frédéric Dard. Un roman noir, sombre, certes, mais aussi à mes yeux, un roman plus que romantique, je trouve que l'atmosphère qui se dégage de ce livre est totalement empreinte de ce romantisme, soit-disant désuet maintenant.
Outre le cadre et les paysages il a surtout les personnages.
Commençons par  la victime, Héléna. Chacun des protagonistes du livre la juge différemment. Soit aimante et joyeuse, passionnée, insatisfaite et solitaire, soit malheureuse qui n’aime personne… Mais qui était elle vraiment?
On la retrouve morte, le pistolet de son père gisant à coté d’elle. Alors, meurtre ou suicide ?
Puis il y a les autres : Angélo et Elisabeth, ses parents, colonialistes purs et durs, Clémentine, la petite sœur, le souffle de fraîcheur, Hernando, son mari, l’homme violent, frustré et  impulsif dans toute sa splendeur, tonton le paraplégique légèrement alcoolique…
Toute cette famille se retrouve autour d’Hélèna, avec une seule question : « pourquoi est elle morte? » Les langues se délient. Elle rencontrait un homme, François Sauvage. Était il son amant, son ami, son confident ? Peu importe, il arrivait au domaine pour un interrogatoire musclé et violent.
C’est un huis clos magnifique, violent et pathétique, où les personnages tombent les masques au fur et à mesure, teinté d’une véritable et belle histoire d’amour. Dans ces 240 pages on trouve tout le talent de Frédéric Dard qui comme à son habitude conclut l’histoire par une fin inattendue.

Une préface et des notices de notre ami Dominique Jeannerod, une excellente analyse de sa part de cette période, j'aime San-Antonio, mais j’adore Frédéric DARD, je ne pouvais qu'être de l'avis de Dominique, cela donne, ou redonne, envie de relire les classiques du romans noirs.

De même à la fin de ce livre, vous trouverez une filmographie (films, téléfilms, feuilletons radiophoniques et pièces de théâtres) très compète établie par Jacques Baudou.
Si vous êtes un inconditionnel de Frédéric Dard, n'hésitez pas à vous offrir ce livre, si vous n'avez jamais lu, que vous avez essayé un San-Antonio, et que vous n'avez pas « accroché », risquez le coup, vous aller découvrir une autre facette de cet immense auteur.

En cette période où la crise est partout, et même dans le livre, j'espère de tout coeur, que nombreux seront les acheteurs, les lecteurs, afin que la série continue...

Roman de la nuit de Frédéric DARD
Préface et notice de Dominique JEANNEROD
Filmographie établie par Jacques BAUDOU
Éditions OMNIBUS
26€
ISBN 978-2-258-10792-2

vendredi 1 novembre 2013

les archives de la police scientifique française

Bonjour, excusez-moi, je vire les poussières et toiles d'araignées et je suis à vous...




Pff, vache, y a longtemps que je suis venu ici...
Manque de temps, déjà, et pas grand chose à dire, cela ne sert à rien, à mon humble avis, de venir juste pour dire bonjour...
Mais là j'ai du neuf, du beau, du lourd...

Voilà, de par mon métier, enfin, un des deux, j'ai une grande passion pour la médecine légale, la criminologie et les sciences forensiques.
Je me suis donc offert le magnifique livre : les archives de la police scientifique française de Gérard Chauvy aux éditions Hors Collection qui vient juste de paraître.
Un bel ouvrage, y a pas à dire, richement illustré sur les origines de ce que l'on nome aujourd'hui la PTS.

"La vérité est que nul ne peut agir avec l’intensité que suppose l’action criminelle sans laisser des marques multiples de son passage. "
Edmond Locard

En 1910, alors que les crimes des « apaches » hantent les esprits et que Clémenceau vient de créer les « brigades du Tigre », Edmond Locard, l’un des pères de la criminalistique, fonde, à Lyon, le premier laboratoire de police scientifique au monde.
Les casse-tête font la joie de Locard, grand admirateur de Sherlock Holmes, et cet ouvrage revient sur les dossiers extraordinaires qu’il a résolus : le corbeau de Tulle, l’affaire Gaumet, le singe cambrioleur démasqué grâce à… ses empreintes digitales !
Empreintes digitales justement, mais aussi examen des pores de la peau, traces de pas, ongles, empreintes dentaires, traces laissées sur les vêtements, poussières, taches de sang, étude des documents écrits, le docteur Locard développe et améliore de nombreuses techniques qui n’ont cessé depuis de faire leurs preuves.
Avec un détour par Scotland Yard et le FBI, la carrière de Locard et de ses collaborateurs sont de celles qui ont marqué l’histoire de la police criminelle mondiale pour toujours.

Grâce à de nombreux documents inédits reproduits ici, c’est à une plongée au cœur des secrets de l’enquête que nous invite cet ouvrage. La collection étonnante des objets du laboratoire de Locard (appareils de mesure, documents autographes, empreintes et armes en tout genre…), conservée à Lyon, y tient une bonne place, illustrant les tout premiers pas des méthodes d’identification, ainsi qu’un reportage au cœur de l’INPS aujourd’hui.
Historien et journaliste, Gérard Chauvy est l'auteur de nombreux ouvrages. Il collabore au Progrès et publie dans la revue Historia.

Pourquoi je vous cause de ce livre?
Ben tout simplement que vous trouverez dedans trois pages sur le Dabe, car en juin 1940, Edmond Locard créateur de cette police scientifique va  signer un article sur les tatouages dans Un mois à Lyon, aux côté de Frédéric Dard qui faisait ses premières armes dans le journalisme.
Peu de temps après Marcel Grancher, patron du journal et éditeur décide de créer le prix LUGDUNUM, et dans le jury de ce prix on va retrouver le Docteur Locard.
En même temps Frédéric à faire lire son manuscrit de Monsieur JOOS à Marcel Grancher qui le trouve "buvable" et lui conseille de présenter au susdit concours, bien lui en a pris, en 1941, le prix lui est attribué.
Cette époque scellera la naissance d'une longue amitié entre Frédéric Dard et le Docteur Edmond Locard, qui va devenir par la même occasion, de temps à autres, conseiller technique pour Frédéric.
Locard lui fera par exemple visiter la prison de Lyon, mais surtout il l'aidera, le conseillera dés qu'il le pourra.
Ils se vouent  deux  une admiration réciproque, Frédéric admirant le travail scientifique, la découverte, la recherche de Locard et  Locard le talent littéraire, l'érudition du langage de Frédéric.
...Je conserve encore des lauriers-hélas fanés-que vous m'avez tressés à une époque où je n'avais de calvitie à cacher... Frédéric Dard à Edmond Locard

Comme toutes les personnes qui ont compté pour le Dabe, un San-Antonio lui a été dédicacé, un bien choisi pour un toubib qui a défendu une thèse de médecine légale : C'est mort et ça ne sait pas !
"Au Professeur Édmond Locard, son...poulain de retour en affectueux hommage."
S-A

Note reptilienne : Notre vénéré Président anti-crise, Daniel Sirach et le non moins vénérable MSA sont cité dans ce livre.
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