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L'exquise Nouvelle

Pays

dimanche 23 février 2014

Romans de la nuit, ou l'ABC du roman noir.


Je lis beaucoup, par passion, et aussi par obligation, que cela soit pour des chroniques ou pour des manuscrits à évaluer.
Mais je ne me plains pas, j'aime cela.
Depuis quelques temps, les auteurs de thriller, romans noirs et autres polar ont pris pour habitude de torturer, dépecer, faire souffrir physiquement les victimes, ils nous font intervenir des tueurs en séries plus sadiques et vicelards les uns des autres, du psychopathe de haut niveau, que même Hannibal Lecteur, tu as presque envie de lui faire un câlin.
Faut que ça hurle, que ça brûle, que ça arrache, que ça saigne, que la tripes soit ouvertes et fumantes, pas question de claquer sans la moindre douleur, sans être passés par les pires actes de barbarie...
Soit, puisqu'il le faut,
Quoi que le faut-il vraiment ?
Est-ce que la pire des tortures qu'un homme, ou une femme peut endurer, est-ce vraiment la torture physique ?
Et si le pire du pire ce n'était de se faire arracher les ongles, électrifier les testicules, découper l'utérus au couteau suisse ?
Et si le pire, c'était la torture mentale ?
Après tout, ne serait-on pas plus torturé à l'idée de savoir que l'amour absolu, le vrai, le pur n'existe, ne serait-on pas encore plus au fond du gouffre en se rendant compte que cette femme que l'on a idéalisé vous a manipulé, est une pute immonde ? Ou bien encore que sa pureté est mise à néant, saccagé par un tiers ?
Bref que la trahison des sentiments est la pire des tortures qui soit ?
Et qu'avec ce simple sujet, vieux comme le monde, on peut faire des romans magnifiques, des romans à vous retourner les tripes, et surtout le cœur ?
On, je ne sais pas, mais Frédéric DARD, oui, et le magnifique livre : Romans de la nuit, qui vient de sortir chez Omnibus nous le prouve, dans cet ouvrage on retrouve :
- Cette mort dont tu parlais
- C'est toi le venin
- Des yeux pour pleurer
- Le monte-charge
- L'homme de l'avenue
- la pelouse
- Une seconde de toute beauté

Sept magnifique roman, dont un de mes préférés, Une seconde toute beauté, Frédéric Dard fait preuve d'une immense maîtrise de l'atmosphère sombre, de l'angoisse psychologique.
Un homme, souvent par amour, va tomber dans une spirale infernale, ne plus rien contrôler, il a croisé celle qui ne fallait pas, celle qui va le manipuler, le faire manipuler, le broyer, l'anéantir...

Frédéric Dard ne dépeçait pas ses victimes, juste leurs cœurs et leurs âmes, c'est juste ça qu'il « travaillait », et franchement, c'est beaucoup plus fort, et tellement plus réaliste.

Je ne peux pas faire une chronique sans faire un résumé du livre, mais je ne vais pas résumer sept romans, alors je dois faire un choix, aller tiens, au pif : Une seconde de toute beauté :

Comme je le disait ce livre est certainement mon préféré de Frédéric Dard. Un roman noir, sombre, certes, mais aussi à mes yeux, un roman plus que romantique, je trouve que l'atmosphère qui se dégage de ce livre est totalement empreinte de ce romantisme, soit-disant désuet maintenant.
Outre le cadre et les paysages il a surtout les personnages.
Commençons par  la victime, Héléna. Chacun des protagonistes du livre la juge différemment. Soit aimante et joyeuse, passionnée, insatisfaite et solitaire, soit malheureuse qui n’aime personne… Mais qui était elle vraiment?
On la retrouve morte, le pistolet de son père gisant à coté d’elle. Alors, meurtre ou suicide ?
Puis il y a les autres : Angélo et Elisabeth, ses parents, colonialistes purs et durs, Clémentine, la petite sœur, le souffle de fraîcheur, Hernando, son mari, l’homme violent, frustré et  impulsif dans toute sa splendeur, tonton le paraplégique légèrement alcoolique…
Toute cette famille se retrouve autour d’Hélèna, avec une seule question : « pourquoi est elle morte? » Les langues se délient. Elle rencontrait un homme, François Sauvage. Était il son amant, son ami, son confident ? Peu importe, il arrivait au domaine pour un interrogatoire musclé et violent.
C’est un huis clos magnifique, violent et pathétique, où les personnages tombent les masques au fur et à mesure, teinté d’une véritable et belle histoire d’amour. Dans ces 240 pages on trouve tout le talent de Frédéric Dard qui comme à son habitude conclut l’histoire par une fin inattendue.

Une préface et des notices de notre ami Dominique Jeannerod, une excellente analyse de sa part de cette période, j'aime San-Antonio, mais j’adore Frédéric DARD, je ne pouvais qu'être de l'avis de Dominique, cela donne, ou redonne, envie de relire les classiques du romans noirs.

De même à la fin de ce livre, vous trouverez une filmographie (films, téléfilms, feuilletons radiophoniques et pièces de théâtres) très compète établie par Jacques Baudou.
Si vous êtes un inconditionnel de Frédéric Dard, n'hésitez pas à vous offrir ce livre, si vous n'avez jamais lu, que vous avez essayé un San-Antonio, et que vous n'avez pas « accroché », risquez le coup, vous aller découvrir une autre facette de cet immense auteur.

En cette période où la crise est partout, et même dans le livre, j'espère de tout coeur, que nombreux seront les acheteurs, les lecteurs, afin que la série continue...

Roman de la nuit de Frédéric DARD
Préface et notice de Dominique JEANNEROD
Filmographie établie par Jacques BAUDOU
Éditions OMNIBUS
26€
ISBN 978-2-258-10792-2

vendredi 1 novembre 2013

les archives de la police scientifique française

Bonjour, excusez-moi, je vire les poussières et toiles d'araignées et je suis à vous...




Pff, vache, y a longtemps que je suis venu ici...
Manque de temps, déjà, et pas grand chose à dire, cela ne sert à rien, à mon humble avis, de venir juste pour dire bonjour...
Mais là j'ai du neuf, du beau, du lourd...

Voilà, de par mon métier, enfin, un des deux, j'ai une grande passion pour la médecine légale, la criminologie et les sciences forensiques.
Je me suis donc offert le magnifique livre : les archives de la police scientifique française de Gérard Chauvy aux éditions Hors Collection qui vient juste de paraître.
Un bel ouvrage, y a pas à dire, richement illustré sur les origines de ce que l'on nome aujourd'hui la PTS.

"La vérité est que nul ne peut agir avec l’intensité que suppose l’action criminelle sans laisser des marques multiples de son passage. "
Edmond Locard

En 1910, alors que les crimes des « apaches » hantent les esprits et que Clémenceau vient de créer les « brigades du Tigre », Edmond Locard, l’un des pères de la criminalistique, fonde, à Lyon, le premier laboratoire de police scientifique au monde.
Les casse-tête font la joie de Locard, grand admirateur de Sherlock Holmes, et cet ouvrage revient sur les dossiers extraordinaires qu’il a résolus : le corbeau de Tulle, l’affaire Gaumet, le singe cambrioleur démasqué grâce à… ses empreintes digitales !
Empreintes digitales justement, mais aussi examen des pores de la peau, traces de pas, ongles, empreintes dentaires, traces laissées sur les vêtements, poussières, taches de sang, étude des documents écrits, le docteur Locard développe et améliore de nombreuses techniques qui n’ont cessé depuis de faire leurs preuves.
Avec un détour par Scotland Yard et le FBI, la carrière de Locard et de ses collaborateurs sont de celles qui ont marqué l’histoire de la police criminelle mondiale pour toujours.

Grâce à de nombreux documents inédits reproduits ici, c’est à une plongée au cœur des secrets de l’enquête que nous invite cet ouvrage. La collection étonnante des objets du laboratoire de Locard (appareils de mesure, documents autographes, empreintes et armes en tout genre…), conservée à Lyon, y tient une bonne place, illustrant les tout premiers pas des méthodes d’identification, ainsi qu’un reportage au cœur de l’INPS aujourd’hui.
Historien et journaliste, Gérard Chauvy est l'auteur de nombreux ouvrages. Il collabore au Progrès et publie dans la revue Historia.

Pourquoi je vous cause de ce livre?
Ben tout simplement que vous trouverez dedans trois pages sur le Dabe, car en juin 1940, Edmond Locard créateur de cette police scientifique va  signer un article sur les tatouages dans Un mois à Lyon, aux côté de Frédéric Dard qui faisait ses premières armes dans le journalisme.
Peu de temps après Marcel Grancher, patron du journal et éditeur décide de créer le prix LUGDUNUM, et dans le jury de ce prix on va retrouver le Docteur Locard.
En même temps Frédéric à faire lire son manuscrit de Monsieur JOOS à Marcel Grancher qui le trouve "buvable" et lui conseille de présenter au susdit concours, bien lui en a pris, en 1941, le prix lui est attribué.
Cette époque scellera la naissance d'une longue amitié entre Frédéric Dard et le Docteur Edmond Locard, qui va devenir par la même occasion, de temps à autres, conseiller technique pour Frédéric.
Locard lui fera par exemple visiter la prison de Lyon, mais surtout il l'aidera, le conseillera dés qu'il le pourra.
Ils se vouent  deux  une admiration réciproque, Frédéric admirant le travail scientifique, la découverte, la recherche de Locard et  Locard le talent littéraire, l'érudition du langage de Frédéric.
...Je conserve encore des lauriers-hélas fanés-que vous m'avez tressés à une époque où je n'avais de calvitie à cacher... Frédéric Dard à Edmond Locard

Comme toutes les personnes qui ont compté pour le Dabe, un San-Antonio lui a été dédicacé, un bien choisi pour un toubib qui a défendu une thèse de médecine légale : C'est mort et ça ne sait pas !
"Au Professeur Édmond Locard, son...poulain de retour en affectueux hommage."
S-A

Note reptilienne : Notre vénéré Président anti-crise, Daniel Sirach et le non moins vénérable MSA sont cité dans ce livre.

samedi 7 septembre 2013

Anvers et damnation, ou le retour de Gillio...




Bon, j'vais essayer de vous faire un article sans flinguer mon calbute...

En ce moment c'est pas facile, je pense à toi ma p'tite caille qui me lit, tes yeux bleus enamourés d'une part, et surtout le pense au vendredi treize. Non pas que je sois plus superstitieux que la plupart des cocus qui vont allez filer du pèze à la française des jeux, non ce vendredi treize là, pour mézigue il est plus qu'important.

Il y a mon pote, mon ami, mon frère, mon mentor qui sort sort son dernier livre, quand j'dis dernier, c'est dernier en date, va pas t'imaginer des trucs.

Vous avez bien sur pigé que j'vous cause de Maxime Gillio, et oué, Monseigneur sort un nouveau livre, un polar, Anvers et damnation que cela s'appelle, c'est une aventure de Luc Mandoline, dit l'Embaumeur, une sorte de Poulpe du funéraire, et c'est édité chez l'Atelier Mosésu, donc chez moi,!
Et merde, un Kalbar(1) , il avait pas trois semaines...

Je déconne, je déconne, mais je suis vraiment ému, j'vais pas chialer la ménagère de moins de cinquante carats, mais ça fait quelque chose, éditer son pote, celui aussi par qui tout est arrivé, c'est quand même le"Grand" qui m'a présenté les auteurs, (là j'avais hésiter à mettre : qui m'a introduit dans le milieu, mais je me suis dire, avec la bande de pervers qui lit ce blog, c'est mort pour ma réputation), et pas que les gens du métier, Delphine qui fait partie aussi de la boite, bref sans son aide, et surtout la confiance qui l'a mis en moi (cherche pas Ducon, il a mis que cela en moi) jamais notre maison d'éditions n'aurait vu le jour.

Alors en plus devenir son éditeur, j'vous raconte pas l'kiff, comme ils disent maintenant ces jeunes cons.
Bon j'ferme la séquence émotion, et je vous en raconte un peu plus sur l'oeuvre de Maxime.

Et si DSK avait été tué dans une chambre d’hôtel ? Et si cet hôtel se trouvait en Belgique et non à New York ? Et si ce n’était pas le FBI qui enquêtait, mais Luc Mandoline, alias l’Embaumeur, le thanatopracteur préféré de ces dames ? Et si les pages de ce roman dégoulinaient de sueur, de sang et d’humour noir, vous le liriez, vous ? Oui ? Alors qu’est-ce que vous attendez ?
« En Belgique, il n’y a pas que les canaux que l’on retrouve pendus »



Et pendant que j'y suis, je vous rappelle que Maxime a écrit une nouvelle aussi dans le collectif des auteurs du noir 2013 : Santé !, une nouvelle sur et avec San-Antonio, édité chez l'Atelier Mosésu, deuxième couche dans le Kalbar...Pas la peine d'en dire plus sur ce livre, j'y ai déjà consacré un article .


Par contre, Maxime à participé aussi à un autre livre, l'Exquise Nouvelle, troisième édition : les aventures du concierge masqué, publié chez l'Exquise Édition.Dans ce livre on y retrouve aussi notre charmante directrice éditoriale Delphine.

 
"Pour finir la trilogie de l’Exquise Nouvelle, il nous fallait boucler une boucle entamée il y a deux ans. Mais attention, pas du bouclage à la sauvette ! Pas une saison 3 mesquine du bout du clavier. Non, du feu d’artifice, de l’apothéose carminaburanesque à la Robert Hossein !

Quelle plus belle symbolique, dès lors, que de concevoir une ultime saison reprenant ce qui avait fait le succès des deux premières ? Petit retour en arrière : été 2011, la toute première Exquise Nouvelle réactualisait le principe du cadavre exquis à la sauce Facebook. Bilan : une nouvelle complètement déjantée écrite à quatre-vingts mains et une gigantesque poilade. Un an plus tard, saison 2, à la mode oulipienne cette fois-ci, façonExercices de style du père Queneau : une même scène de départ imposée à tous les auteurs, et vogue la galère, chacun y va de son interprétation et de son univers.

Et la saison 3, alors ? Eh bien la saison 3 a réussi le défi de mixer le cadavre exquis et l’exercice de style ! Rien que ça ! Un thème imposé aux quarante-huit participants, en trois mots : Le Concierge Masqué ! Rien de plus. Ensuite, les participants se retrouvent répartis en seize trinômes, chaque membre écrivant successivement la tête, le corps et les pieds de la nouvelle. Un peu le principe des "Mix and Match", vous voyez ? Ces livres aux parties interchangeables.

Petit détail amusant : aucun auteur ne sait avec qui il a travaillé, ni ce qu’il est advenu de sa contribution. Silence radio complet des organisateurs. Comme depuis le début de l’exquise aventure, la philosophie ayant toujours été de mêler plumes confirmées avec duvets débutants, certains risquent de syncoper en découvrant de quel collègue ils ont pris la suite. Ou vice-versa.

Alors, prêts à entrer dans la farandole du Concierge Masqué ? Quelque chose nous dit qu’il n’en finit plus de grimper et descendre les escaliers pour remettre en ordre toutes les parties de ce gigantesque puzzle."



(1) HK si tu nous lis, tu dois vraiment l'avoir mauvaise, t'as joué, t'as perdu...

jeudi 25 juillet 2013

VUK, où quand un loup-garou est fan de San-Antonio et qu'il décide de s'engager pour sauver les libraires indépendants...



 Vu que j'ai peu d'actualité sur le maître en ce moment, que je ne peux pas causer de choses que je ne connais, ayant honteusement déserté l'assemblée générale de cette année, que j'voudrai qu'on croit que j'fais la gueule, je vais vous pondre une petit article fissa...
Un article sans interview, non pas que le gars soit bégueule, mais il est plus qu'overbooké, et vous en faites pas, on vous en fera une chiadée un de ces quatre dans le Monde de San-Antonio, promis craché, désolé, j't'ai envoyer un macaron sur la liquette, t'as cas po lire si près de l'écran non plus, c'est bien beau la , mais là t'es à un âge où il te faut foutre des bésicles, surtout quand j'crache...

Sinon je viens vous causer du sieur Jean-Luc Bizien, surnommé la machine à écrire humaine...
Jean-luc est un auteur qui en plus d'être talentueux est prolifique, un peu comme....
D'ailleurs lorsque j'ai commencé à le lire, complètement par hasard, il venait de publier aux éditions Baleine Mastication, et je collectionne les bouquins de cet éditeur depuis que j'ai découvert le Poulpe.
Bref je lis le bouquin, et là je découvre un auteur drôle, bourré de talent, j'sais, ce n'est pas le seul...Mais y a un truc...Ce truc c'est un peu comme une petite musique comme dirai mon pote Sergio, puis ce sont ces notes de bas de pages, ces allusions..
Ni une ni deux, je me rencarde sur le gars, discute avec et oui, il est fan de San-Antonio, du Dabe.
A tel point qu'à l'époque de  : D'où viens-tu Béru (1) un auteur se dégonfle au dernier moment, je contacte Jean-Luc, ok, il me dit que je le fais chier là, mais le gars il le fait, il nous fait un texte du feu de Dieu  sur ce bon Alfred...En moins de dix jours !

Et si je viens aussi à vous causer de Bizien en ce moment, c'est parce que le gars, il a encore une autre qualité que l'écriture en commun avec Frédéric..Le cœur , l'humanisme, la générosité...Je vous ai dit qu'il était charrette, débordé ?
Ouais, ben malgré ça, samedi il va faire pas loin de 700 bornes aller/retour pour signer des livres, mais pas pour vendre, non, pour aider une une librairie en difficulté, d'ailleurs il est même l'organisateur avec Paskal Carlier (2) de l’événement : Alliance Littéraire qui aura lieu ce samedi 27 juillet à Égreville (77) à partir de 10h30, vous pourrez tout au long de la journée faire dédicacer pas mal de livres par les auteurs présents, dont Jean-Luc bien sur. Mais il y aura aussi des animations de rue par les croqueurs de pavés, une reconstitution de scène de crime interactive à 18h00, avec mézigue et le Docteur Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin, qui donnera à 19h00 une conférence sur les tueurs sériels.

Je vous invite de tout coeur à venir si vous êtes dans le coin, rien que pour les livres, tout le reste, pis en plus de vous faire plaisir, vous aiderez Stéphanie, une libraire hors des sentiers battus à se sortir de la panade !

Merci...
(1) Toujours en vente, contactez-moi, ou viendez ce WE !
(2) les éditions du Preau

mercredi 29 mai 2013

Colloque « San-Antonio et la langue / la langue de San-Antonio et Frédéric Dard »

30, 31 mai 2013, Salle 3, Présidence de l’Université de Savoie,
27 rue Marcoz, 73000 Chambéry

et 1er juin 2013, Hôtel Best Western, Chambéry

Entrée libre


Pour qui s’intéresse à la littérature populaire du Xxe siècle, il est impensable désormais de ne pas se pencher sur l’œuvre de Frédéric Dard, qu’il s’agisse de sa production signée San-Antonio ou des moins connus (car très distincts dans le fond et la forme) romans noirs signés de son nom.
Un premier colloque avait initié la recherche universitaire sur cet auteur prolixe à Bordeaux en 1965 ; un deuxième a été tenu en Sorbonne pour les dix ans de sa mort, en 2010, dont les actes ont été publiés récemment (San-Antonio et la culture française, F. Rullier-Theuret et al. (eds.), Chambéry, Ed. de l’Université de Savoie, 2010). C’est dans la lignée de ce dernier et avec les mêmes organisateurs (Dominique Lagorgette, Françoise Rullier-Theuret, Dominique Jeannerod et Thierry Gautier) que se tiendra du 30 mai au 1er juin prochains le colloque « San-Antonio et la langue / la langue de San-Antonio et de Frédéric Dard ». Une vingtaine de communications sont à ce jour prévues. On s’interrogera sur les rapports qu’entretenait l’auteur avec des phénomènes linguistiques et stylistiques aussi variés que les notes de bas de page, les locutions latines, les proverbes, ou toutes autres formes perçues comme (proto)typiques de son écriture ; des questions comme l’usage du discours rapporté, des figures de style associées à l’écriture parodique ou des emprunts sont autant de pistes possibles.
Une publication des communications est prévue aux Editions de l’Université de Savoie.

L’assemblée générale annuelle des Amis de San-Antonio se tiendra à Chambéry cette année du 1er au 3 juin, afin de permettre aux membres de l’association d’assister aux travaux du colloque.

Comité local d’organisation : Dominique Lagorgette, Pierre Savouret, Marie-Ange Mayoussier (Université de Savoie)

Comité scientifique : Thierry Gautier, Dominique Jeannerod, Dominique Lagorgette, Françoise Rullier-Theuret, Raymond Milesi




Colloque « San-Antonio et la langue / la langue de San-Antonio et Frédéric Dard »


30, 31 mai 2013, Salle 3, Présidence de l’Université de Savoie,
27 rue Marcoz, 73000 Chambéry

et 1er juin 2013, Hôtel Best Western, Chambéry

Programme prévisionnel

Jeudi 30 mai

14h : inscriptions et accueil

14h30-15h : Mot de bienvenue et introduction

15h – 15h45 : Françoise Rullier-Theuret (Sorbonne), « Offenser grand-mère »

15h 45 - 16h30 : Pierre Laurent Savouret (U. de Savoie), « La Peuchère : les premières paroles de Frédéric Dard »

16h30 : pause

17h – 17h45 : Raymond Milesi (Amis), « Les figures de San-Antonio : transgression et dévoilement »

17h45- 18h30 : discussion

Vendredi 31 mai


10h30 : interview de Françoise Dard par D. Lagorgette (retransmission)
                                    
11h : Paul Mercier (U. Franche Comté), « Les registres de la voix de César Auguste Pinaud »

11h45-12h15 : discussion

14h45 – 15h30 : Dominique Jeannerod (Queen’s, Belfast), « Tics et toc du style Série Noire, invention linguistique de San-Antonio»

15h30 – 16h15 : Hugues Galli (Université de Bourgogne), « San-Antonio chez les Helvètes : la Suisse mise en roman(d) »

16h15 : pause

16h45 – 17h30 : Thierry Gautier (Amis), « Il poussa la porte et entra. – Pour une petite traversée de l’incipit san-antonien »

17h30 – 18h discussion

Samedi 1er juin 2013 : attention, changement de lieu !!!! Hôtel Best Western


9h30 – 10h15 Jean-Claude Anscombre (Paris 13), « Du proverbe au menu : le champ parémique de San-Antonio »

10h15 –11h : Serge Amore (Amis) et Dominique Lagorgette (U. de Savoie), « Notes de bas de page, norme et pied de nez dans l’œuvre de Frédéric Dard (San-Antonio, hors série et romans noirs) »

11h – 11h30 : Interview d’Albert Benloulou par D. Lagorgette

11h30 – 12h : table-ronde finale



mercredi 15 mai 2013

Terminus Paradis, un livre d'enfer ?


Françoise  Rullier-Theuret, vous savez, celle qui a fait partie de l'équipe de la Sorbonne, qui s'est faite introduire dans l'ordre des matelassiers, non, vire moi ce regard lubrique, on lui a juste épinglé une médaille sur le plastron, pour service rendu à nation San-Antoniesque...

Bref Françoise vient de commettre un livre, et comme personne mieux que l'auteur peut causer de son oeuvre, je lui laisse les clés du blog, le temps d'un article...


Présentation de Terminus Paradis
Une Afrique authentique, concrète, la vie quotidienne dans un hôtel de luxe décati, où l’on trouve des paumés du bout du monde, Moïse le voyageur, Zakif le tenancier du bar, Ibrahim le fils du pays et le consul de France, en panne lui aussi, qui passent leurs nuits à boire en dissertant sur une liberté qu’aucun d’eux ne semble pratiquer. Cela se passe à Gao, la grande ville du Nord, au Grand Hôtel Terminus Paradis avec ses habitués qui trafiquent au milieu des touristes en groupe organisé, et au bar à Zakif où la clientèle est moins raffinée. Des relations troubles se nouent entre les riches et les pauvres, entre les étrangers et les seigneurs du désert, entre Moïse et la belle Antinéa, mais aussi entre les vivants et leurs disparus. Quelle vieille histoire lie tous ces gens qui prétendent ne pas se connaître ? Il n’y a pas : pour sortir de l’impasse, il faudra raconter, il faudra remonter les années, revivre l’affaire qui entoure la naissance de Moïse. Le seul survivant d’autrefois.

Roman africain, roman exotique, roman initiatique, roman parodique ou roman d’aventure, autant de catégories dans lesquelles on ne saurait classer Terminus Paradis qui, au-delà de toutes ces facettes et facéties, avec son exotisme et son lot d’aventure, parle d’un voyage plus essentiel, plus universel, parce que simplement humain. Derrière les histoires, c’est un livre qui parle de la peur, de toutes les peurs. Les pirates du désert s’emparent des voitures et laissent leurs passagers dans le sable, l’incident de parcours devient le déclencheur d’une descente aux enfers, car le vrai voyage, celui qui vaut la peine d’être tenté, c’est celui qu’on entreprend immobile.
D’un monde à l’autre, un voyage qui tourne mal, une expédition qui se perd et qui survit en autarcie, une petite société coupée des hommes et qui refait le monde selon ses principes.
Une Afrique mythique, où le désert est une allégorie du monde, le grand vide où l’imagination prend le relais de la vérité. C’est un lieu absolument pur où chacun devient exactement ce qu’il choisit (saint ou sainte, prophète, mère, amant, ivrogne, écrivain et peintre) et peut expérimenter ses phantasmes jusqu’au bout et sans limite.
On ne connaît plus ni loi ni respect mais la surenchère dans la folie que les uns appellent absolu et les autres frénésie. Le désert ne vous laisse rien et vous donne en échange tout ce que vous voulez : secte, oasis inconnue, trésor inépuisable, concupiscence et jalousie, tous les ingrédients d’un roman d’aventure s’y trouvent réunis.
L’humour accompagne toujours la narration, certains personnages tendent vers la caricature, ailleurs ce sont des notes plus discrètes qui établissent une distance complice avec des personnages très humains.

D’un monde à l’autre, un fils et son père qui ne se connaîtront jamais, un fils ne voulant pas de son père ni de l’histoire familiale qui le tue. Angelo et Satamon sont très jeunes, à peine des adultes et ils ont à lutter contre leurs compagnons d’infortune pour défendre leur amour et leur enfant.
Françoise Rullier

Vous pouvez télécharger, le bon de commande ICI

lundi 29 avril 2013

Gillio, ça vous dit quelque chose ?


  Crédit photo Delphine Clapiès

Mais si, réfléchissez un instant, un grand barbu cynique, bourré d’humour et de talent[1], le type qui a été notre branleur officiel, enfin, presque, il fut vice-président de l’assoce, un poste de branleur comme il se plaisait à le dire[2]
Max est membre de puis belle lurette des Amis de San-Antonio, c’est une chose, mais c’est aussi un auteur bourré de talent[3], et il y a bien longtemps que nous avons eu de ses nouvelles éditoriales, alors comme j’en ai quelques-unes, autant vous en faire profiter.
Maxime est à l’origine, avec son pote David Boidin, de l’aventure de l’Exquise Nouvelle [4]. Ȧ l’heure actuelle, ils en sont à la troisième mouture que l’on peut trouver ICI.
Le concept de celle-ci, c’est « MIX AND MATCH  CHAQUE NOUVELLE EST ÉCRITE PAR TROIS AUTEURS QUI NE CONNAISSENT PAS LES DEUX AUTRES. »
Les lecteurs découvrent qui a écrit avec qui, et ce, en même temps que les auteurs eux-mêmes... Étonnant non ?[5]
Et Max, ben il a co-écrit la nouvelle Paolo Begins, que vous pouvez lire , avec entre autres le grand Didier Daeninckx ! Si c’est pas la classe, ça…
Mais attendez, ce n’est pas fini, quand l’Grand il fait causer de lui, ce n’est pas à moitié !
Vous vous souvenez sûrement de la nouvelle qu’il a écrite il y a quelque temps pour le N° 44 du MSA : Il ouvrit la porte et entra. Cette nouvelle qu’à l’époque je n’avais pas aimée, m’en souviens bien, ben Max l’a retravaillée, tellement bien, que maintenant je l’adore, c’est pour vous dire. Eh bien vous allez pouvoir la retrouver dans Santé ! , le recueil du collectif des auteurs du noir, c’est l’une des seize nouvelles de ce livre, les droits d’auteur seront reversés à la Fondation maladies rares, et il est préfacé par Marina Carrère d’Encausse. Vous pouvez le commandez ICI.

Y en a un peu plus, j’vous le mets quand même ?
Certains d’entres vous on peut être déjà acheté et lu un opus de L’Embaumeur, ce Poulpe du funéraire créé par mézigue, bien sachez qu’avant 2014, Maxime sortira son épisode de Luc Mandoline , Anvers et damnation, et moi qui en tant qu’éditeur ai eu la primeur de lire le manuscrit, je ne peux vous dire qu’une chose : c’est bon, les filles, accrochez-vous à votre string, Gillio épile gratis !
De plus, je dois avouer que je suis enchanté, honoré, d’éditer mon pote, en un, parce que je suis fan de son œuvre, tout comme Delphine mon associée, mais aussi et surtout, parce que sans ses coups de main, de pouce, voire coups de pied au cul de temps à autres, ben l’Atelier Mosésu, il existerait pas. C’est Maxime qui m’a conseillé aidé, et surtout, lors de la première idée, m’a dit fonce, alors pour tout ça, vous n’imaginez pas le bonheur de l’éditer. Bon j’vais pas me pignoler non plus, faut pas déconner !
Mais entre deux séances d’écriture, le futur maire de Dunkerque[6], à tendance salafiste-mélanchoniste[7], s’occupe, il travaille toujours dans  sa société qu’il a fondée avec Benjamin Berdeaux et David Boidin, les eXquisMen, puis comme le garçon est un peu comme moi, qu’il déteste l’inactivité, il nous a rejoints avec Delphine et Sandrine  dans l’Atelier Mosésu !
Elle est pas belle la vie ?
Crédit photo : Delphine Clapiès




[1] Non, ce n’est pas mon pote, et ce n’est pas de la lèche !
[2] Il est des fois, où la franchise est telle que tu crois que c’est de la modestie, mais non, Max est un branleur.
[3] Ȧ ne pas confondre avec toi, qui n’es pas auteur, mais souvent bourré.
[4]  Fouille dans les archives, j’en ai déjà causé, y a du Max dedans, du Papet, du reptile et plein d’autres bons ingrédients…
[5] Pierre, je t’aime.
[6] Voir Concerto en lingots d’os de Claude Vasseur.
[7] Voir Harpicide de Michel Vigneron.
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