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L'exquise Nouvelle

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mardi 1 février 2011

L a Fracture de Coxyde


Sur un blog dédié à Frédéric et Patrice Dard, on se doit aussi de parler livre, et pas forcément de livres écrits par eux, ou parlant d'eux, mais j'en conviens, il faut quand même trouver un fil conducteur...
Membre et (encore) vice-président de l'association, correcteur de votre serviteur, ça le fait ??

La fracture de Coxyde est le dernier roman (pas dernier qu'il écrit, non, dernier en date, pas de connerie...)de Maxime Gillio. Je parle de livre aussi en d'autres lieux, mais lorsque la personne qui a écrit est un ami, c'est pas pareil, non pas que l'on va lui passer la main dans le dos, oindre son front de saint Chrême, faire les louanges du livre, même si l'on a pas aimé. Non l'amitié ce n'est pas ça, ce serait même le contraire, être plus dur avec ceux que l'on aime, parce que c'est d'eux que l'on attend le meilleur...Tout pour te dire, ô mon lecteur, que la chronique qui suit est franche et sincère.

Ce roman est bâti comme un Poulpe, pas le céphalopode, non, la collection créée par Jean-Bernard POUY en 1995. Le principe est assez simple, chaque livre est écrit par un auteur différent, mais il se doit de respecter les personnages en place, et surtout il y a un concept et une convention d'écriture. Le héros principal est Gabriel Lecouvreur dit le Poulpe, surnom dû à la longueur anormale de ses bras. C'est un personnage libre, curieux, contemporain, qui a eu quarante ans en l'an 2000. C'est quelqu'un qui va fouiller, à son compte, dans les désordres et les failles apparents du quotidien. Quelqu'un qui « démarre » toujours de ces petits faits divers qui expriment, à tout instant, la maladie de notre monde. Ce n'est ni un vengeur, ni le représentant d'une loi ou d'une morale, c'est un enquêteur un peu plus libertaire que d'habitude, c'est surtout un témoin.

La fracture de Coxyde aurait dû être un Poulpe, mais ce n'est pas le cas, et moi qui suis aussi collectionneur du cette série, je peux vous dire que c'est bien dommage, vu certains Poulpes qui ont été publiés et qui font tache dans la collection de la Baleine, alors que celui-ci y avait sa place.

«… Jos Vandeputte fronça les sourcils. Cela faisait vingt-cinq ans qu’il était affecté à la surveillance de l’éplucheuse automatique et il n’avait jamais vu ça. La chair des patates n’avait pas la pâleur habituelle, mais une teinte rougeâtre. À croire que l’éplucheuse était en train de dépiauter des betteraves. Il se pencha par-dessus la rambarde pour observer le fond de la cuve. L’émotion fut si vive que sa vessie lâcha et qu’il pissa dans sa combinaison. La machine venait d’éplucher un cadavre.»


Ils ne font de mal à personne, les Reculistes. C’est juste un groupe de copains, des artistes médiocres et illuminés, admirateurs de Paul Delvaux, qui réinventent le monde derrière leurs chopes. Sauf que l’un d’entre eux connaît soudain la gloire et la fortune. Sauf qu’un autre est retrouvé mort dans une éplucheuse à patates. Sauf que l’haleine fétide de l’extrême droite flamande vient polluer le plat pays.

Face à la jalousie, la corruption et les histoires de fesses, les amitiés volent en éclats et les macchabées se ramassent à la pelle. Avec une telle ambiance, pas étonnant qu’un canal se soit pendu.



Vous allez assister dans ce livre à la naissance d'un nouvel héros "LE GORET", en fait Jacques Bower, si, si, je ne déconne pas, son vrai nom c'est comme dans la série 24 h 00, le Patrick Chirac de Max en fait...
Le Goret se voudrait être un dupliquant de   Gabriel Lecouvreur, seulement, là il y a un hic...
Le Goret est un cran au-dessus, pas le personnage en lui-même, non, le style, l'écriture, Max explore son côté cynique, et l'on s'en réjouit. J'aime que l'on sonde comme cela son personnage, qu'il ait des hauts et des bas, une écriture de roman noir qui allie l'humour, une mayonnaise qui prend aussitôt.

Le livre se passe en Belgique, j'ai eu la chance d'en parler avec Max, de lire les chapitres au fur et à mesure, et je peux certifier qu'ils ont été écrits avant les évènements politiques actuels, légèrement d'anticipation.
Si vous avez lu les précédents romans de Max (si ce n'est pas fait honte à vous et commandez moi ça tout de suite ICI ) attendez-vous à un changement, nous ne sommes pas dans un Dacié ou un Valmain, non, là une écriture plus brève, plus directe et surtout beaucoup plus cynique.

J'ai énormément aimé ce roman, qui en plus se passe dans le milieu de la peinture, je n'aspire qu'à une seule chose, c'est qu'il se vende très bien, et que les chiffres des ventes fassent que l'éditeur commande à Max d'autre aventures du Goret. Et ce Goret, on l'aime parce que à un moment où à un autre, on va retrouver dans ses traits, notre côté, anar, grande gueule, cynique, obsédé, désabusé alcool (si un, surtout toi, déconne pas)...
Pourquoi le Goret me direz-vous?
Eh bien parce qu’il a une fâcheuse tendance à fourrer son groin là où il ne faut pas, et qu’il a l’impression d’être entouré de truffes…
Conclusion??
C'est du bon, merci Max.

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